enseignement supérieur et recherchenumériqueUniversité Grenoble Alpes 2026-06-11

Université Grenoble Alpes : le pire contre-attaque !

Grenoble, le 11 juin 2026

L'Université de Grenoble porte devant la justice l'affaire de la soutenance de thèse interdite. Scientifiques en rébellion répond.

L'affaire de la thèse en informatique d’Achille Baucher (voir notre précédent communiqué de presse, articles dans Reporterre, dans AEF et dans Le Monde) vient de prendre un nouveau tournant. L'Université Grenoble Alpes (UGA) a finalement réagi en publiant le 9 juin un communiqué de presse annonçant qu’elle porte l’affaire devant la justice sur un tout autre registre.

En effet, l’UGA indique que : « Face à la gravité de ces éléments, l'Université Grenoble Alpes a saisi le procureur de la République, engagé une procédure de signalement au titre de l'intégrité scientifique et saisi le comité d'éthique et de déontologie de l’établissement ». Les « éléments » en question consistent en :

Il faut comprendre ce que ces deux derniers points sous-entendent : Romain Couillet et Achille Baucher seraient accusés, en creux, d’intelligence avec une puissance étrangère. Rien que ça !

Cette constatation appelle plusieurs remarques :

Quand on ne parvient pas à s'attaquer au message — la nécessaire désescalade du numérique — on s'attaque aux messagers.

Si par extraordinaire le procureur décidait d’ouvrir une enquête préliminaire, c'est un enfer auquel seraient confrontés nos collègues avec tout l'arsenal répressif que le motif d' « intelligence avec une puissance étrangère » permet : perquisitions, gardes à vue, écoutes, violation de la vie privée, etc. Le tout sur la base d'une accusation totalement fantaisiste !

Il est évident qu’il ne saurait y avoir aucune suite judiciaire d’aucune sorte, car le dossier est totalement vide. Mais dans le cas contraire, l'histoire montre que de telles procédures constituent une épreuve dont on ne sort pas indemne : insultes sur les réseaux sociaux, honnêteté intellectuelle bafouée, etc... Serait-ce un effet collatéral recherché par la présidence de l’université ?

Dans un contexte général de mise en cause des Sciences — alors justement que la thèse d'Achille Baucher vient vivifier le débat — la démarche de l'UGA, en plus de nous sembler inepte, nous parait tout simplement suicidaire.

En effet, prenons au mot la Direction de l’Université dans son désir de transparence totale pour le généraliser à l’ensemble des contrats et personnels de recherche :

Enfin, nous nous réjouissons que l’UGA reconnaisse enfin le caractère politique de leur refus de soutenance de la thèse de notre collègue Achille Baucher.

À l'heure où l'Université publique a été mise en déficit dans toute la France, poursuit une start-upisation galopante et des ingérences sécuritaires menaçant les libertés académiques et l'accès des citoyen.nes à des savoirs critiques... on peut se demander quels intérêts sert la présidence de l’UGA

À travers ce communiqué de presse, la direction de l’Université ouvre une boîte de Pandore qui pourrait ne pas se refermer et dont elle portera seule la responsabilité. Chacune et chacun devra alors rendre des comptes... Romain Couillet annonce qu'il va porter plainte pour dénonciation calomnieuse.


1 Opérateur de valorisation de la recherche de l'UGA, Floralis est une interface entre le monde socio-économique et celui de la recherche académique.