2024-03-02

Les scientifiques dénoncent les ravages des pesticides sur le vivant

Alors que s’achève le salon de l’agriculture, salle comble à Paris ce 2 mars à l’académie du climat, en soutien à l’appel du scientifique Joseph Garrigue (conservateur de la réserve nationale de la Massane) qui a traversé la France à pied pour dénoncer les ravages des pesticides sur le vivant :

‘Pour le vivant – stop pesticides – maintenant’

Cet appel est soutenu par de nombreux collectifs, dont Scientifiques en rébellion, Pollinis, Générations futures, Secrets toxiques, Association Francis Hallé pour la forêt primaire, Appel des médecins contre les pesticides, Office pour les insectes et leur environnement, Bioviv’art, Extinction rebellion, Alternatiba… Il se fonde sur des consensus scientifiques bien établis. La science est claire comme l’ont rappelé les scientifiques du muséum national d’histoire naturelle Gilles Bœuf, Emmanuelle Porcher, Marc-André Selosse, ainsi que Francis Hallé (Botaniste), Julie Bertrand (Réserves Naturelles de France), Maud Lelièvre (Union Internationale de Conservation de la Nature) et Charles Sultan (Faculté de Médecine de Montpellier).

Les pesticides contaminent tous les milieux et participent à l’extinction de masse notamment des populations d’insectes et d’oiseaux. Les pesticides ont des effets neurotoxiques, perturbateurs endocriniens et cancérigènes avérés en santé humaine. L’art peut-il mieux nous ouvrir les yeux ? La comédienne Barbara Castin dans des extraits de son spectacle ‘La beauté sauvera le monde’, témoigne aussi de l’indignation devant le déni politique face aux consensus scientifiques sur la gravité des impacts des pesticides.

Et pourtant, la prospective INRAE de mars 2023, démontre qu’une agriculture sans produits phytosanitaires est possible d’ici 2050 tout en maintenant la souveraineté alimentaire de l’Europe. Il est urgent que les responsables politiques prennent la mesure des consensus scientifiques et engagent un changement radical de modèle agricole.

Les preuves scientifiques sur les ravages des pesticides s’accumulent, comme le rapportent notamment les expertises collectives menées par les instituts publics français : sur la santé humaine (INSERM 2013, 2021) et sur la biodiversité et les écosystèmes (INRAE-IFREMER, 2022).  Cette extinction dramatique constitue une menace majeure qui risque de provoquer l’effondrement des écosystèmes et de la production agricole dont nos sociétés dépendent (United Nations Report, 2019).

« Les études scientifiques montrent une chute fulgurante d’abondance des insectes, dont certains pollinisateurs, qui atteint de 60 à 80% en Europe depuis 30 ans ainsi qu’un déclin massif de 30% des populations d’oiseaux d’habitats agricoles en 15 ans en France. Un rapport de l’ONU de février 2024 montre également que les pollutions aux pesticides et plastique contribuent au risque d’extinction de 22% des espèces migratrices » alerte Gilles Bœuf, biologiste et ex directeur du Muséum national d’histoire naturelle.

Les dommages des pesticides sur l’environnement se doublent du drame de leur toxicité sur la santé humaine, qui touche en premier lieu les professionnel.les du monde agricole. Comme le rappelle régulièrement Charles Sultan, professeur émérite à la faculté de médecine de Montpelier et directeur scientifique de Générations Futures. « La contamination par les pesticides a des effets neurotoxiques, perturbateurs endocriniens et cancérigènes. En particulier, l’exposition du fœtus génère de nombreuses pathologies à l’âge adulte. Cette contamination représente un véritable cataclysme sanitaire, psychologique, social, économique et éthique ».

Malgré ces constats scientifiques accablants, la France figure parmi les principaux pays consommateurs de pesticides en Europe, avec selon l'indicateur de consommation utilisé en France depuis le début d'Ecophyto, le NODU, aucune tendance à la baisse et même une augmentation de 3% sur la période 2011-2021. La France n’a respecté aucun de ses plans successifs de réduction de l’usage des pesticides et le prochain plan Ecophyto vient d’être mis en pause par le gouvernement. De même, l’évaluation des risques des pesticides avant leur mise sur le marché comporte de nombreuses failles, que le gouvernement ne cherche pas non plus à corriger.

Il est urgent que les responsables politiques prennent la mesure des constats scientifiques et engagent un changement radical de modèle agricole. La prospective INRAE (mars 2023) démontre qu’une agriculture sans produits phytosanitaires est possible d’ici 2050 tout en maintenant la souveraineté alimentaire de l’Europe.


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Références à la littérature scientifique:

Expertises collectives:


Les chiffres de l’extinction: